samedi 15 décembre 2012

Mr Nobody

There comes a time in life where everything seems narrow. Choices have been made. I can only continue on. I know myself like the back of my hand. I can predict my every reaction. My life has been cast in cement with airbags and seatbelts. I've done everything to reach this point and now that I'm here, I'm fucking bored. The hardest thing is knowing whether I'm still alive.

jeudi 11 octobre 2012

lundi 6 août 2012

The screams all sound the same

Quand ton chagrin dure plus longtemps qu'a duré ton histoire d'amour, tu te dis que soit t'es la plus grande looser-dépendante-affective du monde, soit tu veux pas guérir inconsciemment (ce qui fait de toi une assez grande looser-dépendante-affective), soit t'en as pour huit ans, comme la dernière fois, soit t'as pas d'autres choix que de sauter dans ton char et de descendre à Moncton pour te vider le coeur, te l'arracher pis le laisser là, le jeter dans la rivière Chocolat pis revenir en paix à Québec.

Mais finalement, tu fais rien de ça, tu fais juste lire en buvant du café en te disant que le retour au travail, aujourd'hui, que le retour de vacances de Bruni, bientôt, que les amis solidaires, que la Bolivie en ville pour 14jours devraient (devront!) suffire à te changer les idées.

vendredi 27 juillet 2012

samedi 21 juillet 2012

Mon bel été (not)

Je travaille pas. Sauf à l'entrée du Festival d'été, où je me bats avec des fans de BonJovi en délire qui sont victimes d'insolation à force d'attendre 10hres debout dehors avant le show de leur idole. Je pense que l'expression "méga-pauvre" s'applique bien à moi. Je regarde mon compte en banque qui fait de plus en plus pitié, à mesure que je dilapide idiotement mes sous. Je passe mon été chez moi à me dire que je devrais faire quelque chose ou sur la terrasse de Inat et Clo, que je vois presque tous les jours, à trinquer ironiquement aux petits bonheurs de la vie et à se dire qu'on devrait faire quelque chose.
Je vois Bruni à temps partiel. Je l'appelle Bruni en l'honneur de BruniSurin, qui court plus vite que son ombre. Parce que Bruni reste jamais très longtemps, parce que lui travaille à tour de bras. Et quand il travaille pas, il part en vacance sans moi. Bruni que je vois depuis juin, qui est assez jeune pour pas connaître les 100Watts et qui me change les idées.
Parce que je pense à l'Indien tous les jours. Je pense à lui en secret, cachée dans le fin fond de mon lit que je quitte rarement avant midi. Je pense aux beaux moments surtout mais j'imagine aussi la fois que je vais le revoir, si ça arrive. J'ai encore un énorme trou dans le ventre à cause de lui. Je pleure pas. Mais je m'écrase. L'Indien qui a disparu comme s'il n'avait jamais existé.
Demain je pars en camping. Mon premier voyage de camping en 20ans. On va voir les baleines et manger dans des casse-croûtes de Tadoussac. Et peut-être qu'après j'irai voir l'Acadien sur le bord de la Baie des Chaleurs. Après, c'est le retour au travail, en salle de répétition dans le 3e sous-sol du GrandThéâtre avec Fred, dans la petite Méduse avec la Bolivie puis avec le Christ. Je souhaite un mois d'août pluvieux et froid, qui ne me fera pas regretter tout le temps perdu de juillet à pas profiter de dehors.
Je peux pas dire que c'est le plus été de ma vie, mettons.

mardi 8 mai 2012

Mes médailles

Je pense que je mérite un genre de médaille.
Parce que je suis isolée dans un monastère avec 10 personnes (dont juste une que je connais vraiment). Je partage ma "cellule" avec cet ami et aussi deux autres garçons particulièrement charmants.
Donc, dans un espace grand comme mon appart, y a moi et trois garçons et je fais caca tous les jours*. Je sais pas si vous êtes capable de mesurer l'exploit que j'accomplis mais oui, je pense que je mérite un prix ou une médaille.

(*Eux aussi, font caca tous les jours... si jamais vous vous inquiétiez de ça...)



Aussi, je peux cocher la case "déjeuner avec un acteur dont le film a été nominé aux oscars" de sur ma to-do-list-befor-I-die.
Nanananana!

dimanche 29 avril 2012

Tous les chats vont au paradis

Hier, Piscine le chat s'est fait piqué.
Il avait une maladie mentale de chat, il prenait des prozacs de chat depuis un an mais ça l'aidait juste à moitié.
On porte le deuil en fin de semaine.
Piscine, Piscinou, Pipi, Pissoune.
Il avait un nom prédestiné. Piscine, qui aimait aller dans le bain ou sous le robinet ou juste se faire arroser pi on l'a longtemps surnommé Pipi et il a finit par pisser partout, arroser comme on l'arrosait.
Oh Piscinou, à chaque fois que je le voyais ces derniers mois, je lui faisais des genre d'adieux parce qu'on le menaçait toujours de l'emmener pour "une piqure".





C'était peut-être juste un chat, mais pendant sept ans, il s'est couché sur nous en écoutant la télé, il nous a réveillé pour se faire nourrir à 5am, il a dormi collé dans le creux de notre épaule, il a ronronné dans nos bras pendant nos partys de cuisine, il a eu de longues conversations incompréhensibles avec nous, il a courru après des lasers pis il nous a tapé sur les nerfs des fois.


Maintenant, on va dormir seuls, avec la grosse Roussette qui a des problèmes d'identité sexuelle et de perte de poils. On va enlever la cage à poule d'autour du balcon d'en arrière parce que plus personne essaiera de se sauver. On va avoir la paix pis on va s'ennuyer à mort.

Voilà, c'était mon hommage à Piscine le chat.

Il pleut en amour

Aujourd'hui, je suis tombée amoureuse de RichardBrautigan. Je me suis couchée sous les couvertes, à moitié gelée, j'ai ouvert un de ses recueils de poèmes et j'ai succombé.

3 novembre


Me voilà assis dans un café
en train de boire un Coca.
Une mouche s'est endormie
sur la serviette en papier.
Il faut que je la réveille
pour essuyer mes lunettes.
Il y a une jolie fille
que j'ai envie de regarder.


Hou, pour toujours


Tourbillonnant comme un fantôme
accroché  à la base d'une toupie,
je suis hanté par tout
l'espace que je
vais vivre sans
toi.

jeudi 19 avril 2012

Orpheline

J'ai passé la soirée avec un peu d'Acadie. Boy, son père, GabRobicho et d'autres amis. Je me suis laissée bercer par l'accent, par les histoires (les vieilles comme les nouvelles), les rires et les souvenirs. Ça m'a un peu arraché le coeur parce que depuis ton départ, c'est aussi l'Acadie au complet qui est partie. Je ne me sens plus le droit de l'aimer aveuglément, parce qu'elle était à toi avant d'être à moi, parce que c'est la tienne surtout, parce que tu es là-bas.
Ils seront tous à Bathurst dans deux semaines pour le Gala. J'étais supposée y aller aussi, pour crier et sourire quand Boy gagnera son prix, pour boire et fêter avec tout le monde, pour te voir aussi. Surtout pour te voir. Parce que je sais que tu seras là. Je sais pas si je me serais contentée de te regarder de loin, t'observer en silence, ou si je serais monter aux barricades et si j'aurais eu le courage de te parler.
Mais à la place, je pars à Avignon. Travailler avec les amis, me faire griller, remplacer l'Acadie par la Provence. Ça s'est décidé hier, j'ai acheté mes billets vite vite, j'ai annulé celui qui m'amenait à Moncton, j'ai emprunté un livre sur la Provence, parce que j'aurai deux jours de vacances après le travail, deux jours juste à moi pour me promener, respirer et relaxer. J'amène avec moi mon chagrin mais je vais le lancer dans le Rhône, l'enterrer dans le sable, le laisser partir au vent. Je te laisse aller, je t'échappe, j'accepte pas mais j'arrête de me battre. Je sens et je sais que c'est ce que je dois faire.




J’suis venue ici aujourd’hui pour te fêter pis te haïr.

J’suis venue pour me parler d’toi

me souvenir

te revoir.

Toi qui a été mon château d’Atlantide.

Toi mon amour qu’un matin

juste avant l’hiver

j’ai échappé.

Ça été presqu’une danse, un chant.

Ça été très douloureux, mais magnifique.

Triste.

Te toucher

te sentir près d’moi.

Une longue balade immobile que j’avais besoin d’faire avec toi

une fois pour toute

exorciser le démon pis te dire (...)

que j’espère que t’es bien mais que je l’sais pas

que j’espère que t’es mieux mais que je sais pas

pis que ça me rend malade.

Te dire mon amour que j’étais là

derrière toi

que tu m’as peut-être sentie mais que tu t’es pas retourné

que tu m’as peut-être parlée

dis quelque chose à voix basse pis que j’ai pas compris

te dire que j’étais là

(...)

que j’étais avec toi

(...)

et pis qu’en silence

parce que j’t’aime

en silence

je t’ai échappé.

(LA MONTAGE ROUGE (SANG), de STEVE GAGNON)

vendredi 13 avril 2012

ça me rend folle

Elvis, conduire "manuelle", le crochet de ma porte d'en arrière, chez Benjo, deux-oeufs-bacon, la revue L'Actualité, fumer un joint, les casquettes jaunes, la Gare du Palais, les poulets St-Hubert, skype et msn messenger, St-John, St-Quentin, le Bic, Dalhousie et toutes les villes acadiennes qu'on a traversées - ou plutôt, tout Moncton et l'Acadie au complet, nager dans une piscine, les odeurs OldSpice, Dexter et BoardwalkEmpire, les vins de Bordeaux, ma valise pleine des poils blancs de ton chat, ma cafetière Nespresso et ta théière David's Tea, la corde en jute, photobooth, ton coffre à outils géant qui traîne dans mon cabanon, mes fesses, tes yeux, le film "Angèle et Tony" qui sortait aujourd'hui, courir sur un tapis roulant, "Comment survivre en forêt", mes bas en coton sous mes bas de laine, CareyPrice et même le cheddar orange... tout tout tout me fait penser à toi tout le temps.

vendredi 23 mars 2012

"L'amour c'est comme le café, c'est chaud pis ça fait chier"
- Pascal Lejeune, chanteur acadien de mon coeur

mercredi 29 février 2012

Pros & Cons

En prenant ma douche, je me suis dit que si y a un avantage aux relations amoureuses longue distance, c'est clairement la non nécessité de s'occuper de sa pilosité. Voir mon chum aux 4 semaines me permet facilement de garder mon rythme habituel d'épilation, et ça, c'est vraiment super.

samedi 25 février 2012

À date (pour Sophie Cheveux-Magiques)

À date, ma 2012 a l'air d'une tempête de neige le 24 février. Un mélange de quelque chose de très beau et de très chiant en même temps, rien de surprenant mais on reste surpris pareil.
Jusqu'à maintenant, j'ai travaillé sur RéjeanDucharme, avec Ines et Inat. Je passe tout mon temps à Montréal, à maudire le métro qui pue et les manifs qui retardent les bus. Je mange les restants des soupers de mes parents en lunch et je soupe très tard à l'Express, assise à côté de gens cool comme JoséeDiStasio. Je remets beaucoup de choses à beaucoup plus tard.
Depuis janvier, j'ai entendu beaucoup trop de gens se plaindre qu'ils étaient fatigués, comme si la fatigue était le gage d'un travail bien fait. J'ai passé beaucoup de temps à me retenir de me plaindre que j'étais fatiguée, comme pour me prouver que j'étais meilleure que les autres. Je dors dans l'ancienne chambre de mon frère, chez ma mère, entourée de poster de PinkFloyd, de carte du monde en cyrillique et du plan du métro de Moscou, menacée par la bibliothèque ultra remplie de gros livres lourds de programmation et de bandes dessinées. J'ai relu tous les Soda, en prenant des bains. J'ai commencé un puzzle de 1000 morceaux, une photo d'Edimburgh dont 300 morceaux constituent le ciel très bleu sans nuage. Il me reste 250 pièces à placer et il semble en manquer une, en plein milieu d'un building, et ça me fait penser à cette histoire d'Iznogoud et de la pièce qui servait de cale à la table bancale.
En 2012, j'essaie très très fort de pas dépenser d'argent. Parce que je prends beaucoup d'avions pour aller frencher dans les Maritimes. Pas assez souvent à mon goût par contre mais j'essaie d'accepter les contraintes que mes horaires me donnent. Je compense par la surutilisation de skype, même si souvent, après 5minutes, mon ordinateur se met à rugir, comme si l'effort immense qu'il faisait aller l'obliger à rendre l'âme dans les secondes.
Depuis le 17 février, je montre à tout le monde la photo de la plus belle fille du monde. Elle s'appelle Sophie et habite à Edimburgh. Elle a la face comme une pleine lune et des grands membres incontrôlés. Elle dort dans les bras de son papa, mon frère, et personne dit rien, on fait juste l'admirer.
Depuis le 30 janvier, je m'ennuie de mon amoureux et je me dis que les amours à distance sont le fléau de ma génération. Je vois presque pas mes amis, j'ai même pas d'explication à donner du pourquoi, je suis juste cloitrée à NDG. Mes amis Cat et Alex déménagent avec leur chum respectif et je me dis que je suis pas à veille de déménager à Moncton.

À date, c'est ça 2012.
Ça et des prédictions pour les gagnants des Oscars que j'ai faites complètement à l'aveugle puisque de tous les nominés, je n'ai vu que le WoodyAllen et ça me déprime d'être si peu allée au cinéma en 2011.

jeudi 8 décembre 2011

Carnet de tournée - déjà finie...

Je pense que ma tentative de commenter régulièrement ma tournée acadienne est un échec retentissant. C'est pas plus grave que ça. C'est juste un signe évident que je pensais avoir plus de temps pour moi, que je savais pas trop à quoi m'attendre finalement.
Mais la tournée en générale a vraiment très bien été. On a eu de superbes salles! Avec beaucoup de monde, en comparaison avec les audiences habituelles. Même G et T qui ont des années d'expériences de tournée acadienne, étaient impressionnés!
On a fait quand même pas mal de route. On a pas vu d'orignal (ma crainte d'en frapper un étant la seule chose capable de me garder réveillée à 5am dans le camion qui roule à 120km/h sur le chemin des Ressources), mais on a vu 3 chevreuils (au centre-ville de St-John's) et 1 renard (pas loin du TimHorton's de Quispamsis) et un aigle (dans la vallée de la Matapédia).

En quittant Ottawa, j'étais pleine de bonnes intentions culinaires. Je me disais que je ne mangerais pas des patates tous les jours et que je slackerais les déjeuners-2-oeufs-bacon. Je suis même allée m'acheter une grappe de raisin et une boîte de clémentine ultra acides. Évidemment, ça a pas pris 3secondes que je mangeais des petites patates déjeuner avec les gars. À tous les matins. Ouin, j'ai peu overdosé de gluten, oeufs/bacon, gras, beurre, etc. Une chance que je dépensais pas mal d'énergie en montage/démontage parce que sinon, je serais revenue avec un lourd souvenir de tournée.

Assez rapidement aussi, G et T se sont mis à rire de moi un peu parce que je voulais toujours une chambre avec vue. Je savais jamais c'était quoi la meilleure vue, mais j'en voulais une.
Comme à St-Jean, on était deux nuits dans un hôtel mi-luxueux sur le bord de la baie. Avec notre chance, on a eu trois chambres avec vue sur l'autoroute, du côté opposé à l'eau. Avec au dessus de l'autoroute, un gros rocher laid avec des lettres géantes épelant St-John mais avec le n qui allumait plus. De toute beauté.

À Miramichi, je pense que c'était le pire hôtel de la run. D'abord, y avait pas de chauffage dans la chambre, pas de pression dans la douche et évidemment, juste de l'eau froide, pas d'internet (bienvenu dans le 21e siècle!!!) et pas d'ascenseur (un calvaire pour moi et mes 4 valises). Mais surtout, tout l'étage, sauf ma chambre, était occupé par un genre de groupe familial weird avec des petites filles de 8 ans qui courraient partout dans les corridors en mangeant des biscuits pendant que les parents veillaient dans le corridor, assis sur les fauteuils sortis de leurs chambres, avec des verres à bière en plastique remplis de vin rouge cheap qui sent fort. C'était assez impressionnant de voir tous ces parents là se paqueter pendant que les enfants foutaient le bordel. Et ça a duré jusqu'à tard dans la nuit.
Le meilleur, c'était à Tracadie. Parce que T et moi partagions un chalet sur le bord de l'eau et parce qu'on était proche des salles de spectacles, on commençait plus tard alors j'avais le temps d'aller marcher sur le bord.



Le premier matin, c'était plein de neige et il faisait frette un peu et y avait des traces de renards dans la neige. Le deuxième matin, c'était chaud et tout était fondu et la lumière était comme dorée, magnifique.



Le chalet était parfait aussi, avec un foyer au gaz et le câble pour qu'on puisse écouter une game et une grande douche dans laquelle d'un côté y avait mes six bouteilles de shampoing-revitalisant-savon-lait-gel-etc et de l'autre côté, une seule bouteille de OldSpice. J'pense c'est là que T a réalisé que j'étais beaucoup plus fifille qu'il pensait.
À Caraquet, l'hôtel était pas super mais on avait vue sur la mer, avec une promenade en bois et des goélands géants qui tournaient autour des bateaux de pêcheurs.


Mais dans ma poubelle de chambre, y avait quand même déjà une serviette sanitaire utilisée et y avait aussi quelques longs cheveux dans le bain. Ça, c'était moins bucolique, mettons. Le plus cool de Caraquet, c'était quand on est arrivé et que G m'a pointé toutes les places dont Boy parle dans le show. Théâtre du Bocage, Chez Toutoune, Café Phare chez Bobby, le vieux couvent, etc...
Au Bic, on avait l'Auberge à nous tout seul. On a même pu choisir nos chambres. J'avais celle avec vu sur le cimetière, avec la douche qui était soit brulante, soir gelée. Annexé à l'auberge, y avait le bar LeVillageois, au décor très chaleureux, tout en bois, avec une immense tête d'orignal et une de chevreuil sur les murs et une table de billard et juste des habitués, évidemment. Avec la barmaid tellement smat qu'elle nous a installés dans le resto de l'Auberge pour qu'on puisse écouter la game avec du son. Y avait aussi les cuisinières qui sont rentrées travailler plus tôt juste pour nous faire à déjeuner et dont on entendait les dialogues criés de la cuisine. Ça ressemblait à ça:
"A- Ark, tu sens donc bien le poisson, c'est dégueulasse.
B-Ouin ben habitues toi parce que je retourne pas chez nous avant demain soir.
A-Crisse de cochonne
B-Faut ce qui faut....
"
Et on pense que c'est B qui nous a fait nos pains dorés...

Après Grand Sault, on avait un peu la chienne de ce qui nous attendait dans chaque salle. Finalement, tout a pas mal bien été. Pas d'autres grosses surprises du genre. Par contre, on a eu en masse de techniciens de 15ans boutonneux et plein d'attitude. Le pire était probablement le "DT" de la salle de Fredericton, âgé de max 16 ans et qui était convaincu que bien faire sa job était de rester enfermé dans son bureau à surfer sur son ordi pendant que nous travaillions dans "sa" salle. Il est pas le seul "dt" à croire ça, me direz-vous... C'est vrai que ça a pas rapport avec son âge. Mais n'empêche que j'aurais eu envie d'aller le secouer et d'y expliquer la vie. Surtout après que j'y ai dit, en français, "on a besoin de pendrillons à jardin" et qu'il me réponde, avec un sourire fendant "jardin...? I never know if it's StageRight or StageLeft. Never thought it was worth learning anyways". Argh!
Y a aussi eu la pire technicienne ever. Elle, je l'aurais secouée aussi juste pour la punir de donner une si mauvaise image des filles tech. Elle marchait à -10km/h, regardait tout le monde travailler avec un air abasourdi, comme étonnée d'être là, forçait absolument sur rien (après avoir bougé 5 chaises en 4 voyages, elle a pris une pause!) et quand on lui a demandé une power bar, elle a dit, après un délai de 90secondes, "C'est quoi, une power bar?"...
Y a eu Gilles, le trop motivé monsieur de 60ans, à Kedgwick, qui voulait tellement mais tellement nous aider mais qui finissait toujours par être dans le chemin parce qu'il faisait n'importe quoi et c'était plus épuisant qu'autre chose. Il me tapait un peu sur les nerfs aussi parce qu'il arrêtait pas de me prendre les trucs des mains, comme si tout était trop lourd pour moi. Mais j'ai été vengée quand il m'a forcée à lui donner le rouleau de tapis de danse et qu'il n'a pas été capable de le transporter. Il m'a dit "ouais, t'es forte pour une fille". J'y aurais donné un coup de rouleau de tapis si je m'étais pas retenue.
À Kedgwick toujours, y avait aussi Yvan, qui a pris 15 minutes durant le démontage pour m'expliquer (pendant que je travaillais et qu'il restait planté à côté de moi à jaser) qu'il avait deux jambes en plastique (petits coups et sons à l'appui) et qu'il avait pas peur de se casser une jambe dans la neige dehors à cause de ça et que les docteurs lui avaient dit qu'il marcherait plus jamais et depuis, il a paralysé deux fois et qu'un de ses chums rencontré dans un centre de réhabilitation s'était pendu. C'est là que je suis partie, sans rien dire. Parce que bon, Yvan, on s'entend que déjà, c'est lourd que tu me racontes ça. C'est encore plus pénible que tu le fasses pendant qu'on travaille.

À chaque ville, la/le responsable de la programmation culturelle présentait le show. Généralement, il/elle remerciait les commanditaires et annonçait les shows à venir (La famille Dion chante Noël - à Memramcook, entre autres). Mais certains d'entre eux avaient tendance à vouloir vanter notre show, ce qui est un peu absurde vu que le monde assit dans la salle a déjà acheté leurs billets et qu'on a pas besoin de les convaincre de venir. Quand même, la grande gagnante, c'est la madame de Shippagan qui a dit quelque chose qui ressemblait beaucoup à: "Vous allez voir ce soir un spectacle extraordinaire, rempli de belles émotions, vous allez vous en rendre compte pendant le show. Boy fait preuve d'une très grande versatilité, il a même gagné deux prix importants pour la qualité de son jeu. Vraiment un show extraordinaire. Place à Boy!" Et pendant tout ce temps, Boy est sur scène, les yeux écarquillés, sans réussir à croire qu'il entend ça. Et le public qui angoisse de pas tout comprendre, tout d'un coup, de ce show parait-il si extraordinaire... Y a aussi eu la dame de Tracadie qui faisait ça pour la première fois et qui a dit "Place au cinéma!". La dame de Kedgwick, elle, avait écrit un long long long texte très littéraire qu'elle était incapable de lire de manière naturelle et probablement à cause de ses broches, on comprenait rien de ce qu'elle disait, à part le bout "si l'envie vous prend de vous imprégner déjà de la magie de Noël..."


Ça fait que je suis revenue depuis mardi. Et depuis mardi, ma valise est éventrée dans mon salon et j'éparpille au fur et à mesure ce que j'en sors. Comme si je désirais secrètement étirer le sentiment de tournée, comme si je voulais pas trop revenir à ma réalité. Parce que la tournée, comme le disait T, c'est une bulle intemporelle à l'extérieur du reste du monde. Mais j'ai pris du retard partout autour et il faut que je la pète, cette bulle là. Et surtout, il faut que je m'occupe l'esprit jusqu'au 16, jour d'arrivée de mon Indien*.


(*histoire à suivre...)