mercredi 6 octobre 2010

Des garçons, toujours des garçons, encore plus de garçons

Ça y est. Je suis en amour.

Avec (le personnage de) Jean-Pierre Darroussin dans Un air de famille. Dommage que ça existe pas en vrai, des mecs pareils. Avec les chemises de manches roulées*, l'air un peu blasé, la réplique cinglante et le livre pas loin.



*Oui, j'ai écrit et je m'en rends compte "les chemises de manches roulées". J'ai décidé de le laisser de même. La preuve irréfutable qu'il me fait perdre la tête. Surtout lors de cette folle scène de danse. Pourquoi on danse plus de même asteure? Le vintage/rétro est à la mode? Bon ben les gars, apprenez à nous faire tourner ainsi!


Parlant de faire perdre la tête, y en a un autre qui me surprend à tous les coups. Il boit comme un fou, certains jours de déprime jusqu'à 12 heures de temps, il veille dans son entrée de garage (qui donne sur le trottoir), il écoute du rock-métal-prog super fort à 3am, il écrit au son... Et entre deux rots, il compare ses émotions à celles d'un film de Claude Jutras et reconnaît trois phrases d'une chanson de Brel, est même capable de la nommer et de continuer à la chanter. Peut-être que je mourrai étouffée par mes stéréotypes, mais dans mon livre à moi, un gars qui écoute du Metallica en rotant son hot-dog, complètement saoul au Scanner, il pense que Brel, c'est une marque de savon. Ou pire, que Brel est du calibre de Louvain.


Parce que bon, aussi, dans ma vague de nostalgie de l'amour-le-vrai-le-grand, je suis au régime Brel et Reggiani et pain sec depuis deux jours. Et je me laisse bercer par La chanson des vieux amants et Le déjeuner de soleil et Sarah et Mathilde et et et...

Et je repense au vieil ami qui me les a fait écouter pour la première fois. Mon vieil ami que j'ai perdu entre deux cours de chimie et que je sais plus ce qui arrive de lui. C'était dans le temps que internet était pas encore à la mode. Je passais mes soirées sur ICQ (j'm'appelais innocemment Cerise) et on discutait. Il m'apprenait à comprendre les chansons et les poèmes qu'on écoutait, chacun chez nous. Il me montrait comment réfléchir, à avoir mon opinion et à chiâler. Il m'expliquait la vie dans tous les sens. Il me disait qui j'étais avant même que je le sache. Des fois, ça m'enrageait. Souvent, ça m'enchantait. Certaines de ses phrases sont encore gravées dans ma mémoire et je me les ressors des fois (si je suis déprimée, si j'ai besoin d'un coup de pieds dans le cul ou si j'ai juste envie de me rappeler).
C'est peut-être la pluie d'Octobre, mais ces temps-ci j'ai envie, j'ai besoin de me rappeler.
"Si on fait le vide autour d'un souvenir, il ne reste plus rien que ce souvenir dans l'infini qu'on a, et ce souvenir devient infini" (Ducharme, L'avalée des avalés)

Je me surprends à relire Saint-Denys-Garneau et c'est beau, c'est encore plus beau que la dernière fois que je l'ai lu. Et l'odeur d'antiphlogistine emprisonnée dans mon foulard depuis l'acupuncteur qui se mélange aux vers. Et le thé qui refroidit et qui se corse tranquillement. Et la pluie qui fait toc toc sur le gros container bleu qui traîne devant chez nous. Et la grosse voix grave de Serge qui chante Le grand couteau et La chanson de Maglia, deux de mes préférées.



Et puis, en conclusion, parce que je n'aurai fait que parler d'hommes ce soir:

1 commentaires:

Véronique a dit…

Adèle, t'es belle.