Hier, ça nous a pris deux heures revenir de l'IsleAuxCoudres parce qu'il y avait beaucoup trop de brume et il faisait noir et on roulait pas vite mais on voyait rien et on disait qu'on était comme les premiers colons en Amérique, on découvrait la route au fur et à mesure. On écoutait du GrimSkunk et Inat menaçait de faire une psychose sur la banquette arrière si on changeait pas de cd et Clo voulait mettre du Aznavour et finalement, c'est moi qui a gagné parce qu'on a écouté les Beatles.
On est allé voir des amis jouer du théâtre d'été sur l'Isle. C'était leur dernière représentation (parce que l'été, c'est déjà out) et je dois avouer que malgré mes préjugés face au théâtre d'été, j'ai trouvé ça pas mal drôle. Assez pour pas regretter d'être venue ou frue d'avoir quitté le chalet.
Parce qu'avant l'Isle, on était perdus dans un chalet quelque part dans les montagnes de ChâteauRicher et on lisait tranquilles pendant que Fred faisait des conserves et de la sauce à spag qui sentait bon et moi ça me tentait pas tant que ça de faire la route mais je l'avais un peu promis à Clo la veille.
N'empêche que j'ai eu le temps de finir Trainspotting. Je suis quand même fière d'avoir réussi à le lire en anglais. Je me rappelle qu'Amélie en avait parlé, du slang écossais pas trop facile à comprendre et tout et j'ai toughé et j'ai réussi à comprendre pas mal tout et je suis prête à lire la suite, Porno, que j'osais pas acheter en anglais avant d'avoir lu celui-là, mais là, je vais aller sur Amazon et je vais me gâter*.
Parlant de me gâter, il me reste une journée d'utilisation avec la voiture de Max et ça me mets high pas mal de faire du char et je me dis que si j'avais de l'argent, j'en aurais un et je serais toujours en train de rouler avec les vitres baissées pour aller nulle part et regarder le paysage avec un sourire niais.
Hier, en roulant dans Charlevoix (et surtout dans BaieSt-Paul - où je faisais la guide touristique des lieux qu'on voit dans LaGuerreDesTuques, sans comprendre comment Clo et Inat avaient fait pour passer à côté de ce film-là), je pensais à mon père qui nous amenait là tout le temps et comment je trouvais ça loin de Montréal (alors que c'est vraiment pas si loin). Ça me rappelait plein de souvenirs, les journées de route en famille, les traversiers, les journées de chalet qui finissent pas. Je me suis aussi rappelée que la dernière fois qu'on est allé en vacances familiales, c'était le dernier été avant que mon frère quitte la ville et qu'elles se sont très mal terminées pour moi parce que le jour de mon retour, mon amoureux n'était plus amoureux et je retournais habiter chez mes parents.
(*J'ai développé une relation amour/haine avec le magasinage en ligne. Parce que je peux avoir tout ce que je veux sans m'habiller. En payant avec ma visa, j'ai pas l'impression d'avoir dépensé de l'argent et ding dong, ça arrive sans que j'aie à aller au magasin me battre avec cent cinquante mille autres clients. J'haïs ça mais j'aime tellement ça mais ça me fait chier mais ça me comble mais...)
À part de ça, dans les derniers jours, il s'est pas passé tant de choses que ça: on a annulé un demi show à cause de la pluie, j'ai appris que mon frère viendrait sans doute passer une semaine à Mtl en septembre; j'ai vu un show de filles tounues (presque) avec Lévis et qu'on s'est couché à 7am dans le sous-sol humide de la rue SteClaire; j'ai goûté à du pudding au riz pour la première fois pendant que JM me disait que ça faisait longtemps qu'elle trouvait que j'avais l'air triste; j'ai fait un aller-retour à Mtl tellement court que j'ai pas vu personne à part Piscine le chat; et j'ai pas répondu à Milos encore... Mais surtout, j'ai reçu un email d'un revenant. Un vieil ami, j'en avais déjà parlé, j'avais fini par réussir à trouver le courage de lui écrire mais j'avais jamais eu de nouvelle... jusqu'à ce matin. Bang! Alors que j'avais oublié que j'attendais de ses nouvelles depuis presqu'un an (!), il m'écrit. Je ne sais pas ce qui se passe ces temps-ci mais j'ai la cote au niveau "correspondance".
On est lundi soir et je capote d'avoir une soirée chez moi. S'il faisait pas si froid (toutes mes fenêtres sont encore toutes ouvertes du mois d'août), je me vautrerais en bobettes dans mon divan. À la place, j'ai pantoufles, pyjama, chemise et petite laine. J'écoute des MadMen en buvant du bailey's+lait de soya. Et en background de mon cerveau, y a cette citation-là de Trainspotting pis je me demande si j'ai réussi à atteindre un assez juste milieu entre la vie décrite plus bas et celle choisie par Renton (qui est de se shooter à l'héro)...
Choose us. Choose life. Choose mortgage payments; choose washing machines; choose cars; choose sitting oan a couch watching mind-numbing and spirit-crushing game shows, stuffing fuckin junk food intae yir mooth. Choose rotting away, pishing and shiteing yersel in a home, a total fuckin embarrassment tae the selfish, fucked-up brats ye've produced. Choose life. (IRVINE WELSH, Trainspotting, p.187)
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