dimanche 13 novembre 2011

Si Adelita quisiera ser mi esposa, y si Adelita ya fuera mi mujer, le compraría un vestido de seda para llevarla a bailar

Demain matin, je vais reconduire LaBolivie à l'aéroport. J'ai promis de pas pleurer. J'essaie de pas penser aux semaines qui s'en viennent sans lui, aux mois, à l'année même. Je sais que ça fait partie du métier, les séparations, les fins. Mais celle-là semble tellement plus définitive. La page se tourne beaucoup trop brusquement pour mon cœur. Je perds mon meilleur ami des dernières semaines, mon complice de tous les jours. Jamais jamais jamais j'aurais cru, en commençant ce show-là, que je le finirais comme ça, angoissée par la fin, déchirée par une séparation prévue d'avance, triste à mort.
Hier soir, y avait son party de départ chez Médée. Comme c'est aussi un peu mon départ, puisque je ne reverrai plus le show, j'ai fait des adieux temporaires à tout le monde. Évidemment que ces au revoir là , sachant que je peux croiser tout le monde à la Brûlerie ou dans une salle de répétitions, ça se fait tout seul.
On s'est couché à 5am, dans un état euphorique comateux je dirais. Après de belles longues discussions émouvantes et de grandes déclarations et quelques pas de danse et beaucoup de bouffe et encore plus de vin. Mais j'aurais voulu que la nuit finisse jamais. Et je voudrais que demain matin arrive jamais non plus.

Cet après-midi, j'ai su que contrairement à ce que je pensais, je ne passerai pas la journée de dimanche prochain à Québec. Je quitte mardi matin pour Ottawa et on fly direct après les shows vers l'Acadie. Ce qui veut dire qu'il me reste très peu de temps pour décider de ce dont j'aurai besoin dans le prochain mois. J'ai retrouvé dans le fond de mon garde robe mes bottes d'hiver et mon gros manteau en plumes. Mais dans mes piles de stock, y a aussi mes ballerines vertes et mon maillot de bain (parce qu'à Grand Sauts, paraît-il que ce sera utile).
Je me dis que ce départ là réussira sans doute à me faire oublier celui de LaBolivie, étant moi même éjectée de mon quotidien québécois. Si je me fie à la belle semaine à Moncton qui vient de se passer, hautes en couleurs et en émotions, les charmes du reste de la péninsule devraient avoir le même effet. Je passe à une toute autre réalité, sans Médée, sans LaBolivie, avec Boy, avec un tout autre accent, avec une grosse valise, avec l'Acadien aussi. Je suis pas complètement prête mais j'ai quand même hâte.

La semaine à Moncton a été parfaite. Évidemment, Boy triomphe.
Et on réagit comme on peut, à l'acadienne, en ayant le coude léger et le rire gras. En quelques jours, j'aurai eu droit à ElOtro, refusant d'aller au lit dans ma chambre d'hôtel (trop saoul pour conduire), tombant en bas de son lit, nu et éberlué. Y aura aussi eu la game sur écran géant (mais l'image renversée et sans le son), la nuit à côté des ronflements de tracteur de l'Acadien et la tempête tropicale du vendredi matin, les longues discussions google chat matins et soirs avec LaBolivie, les levers de soleil en direct dans ma fenêtre qui donnait sur la rivière et les "hot continental breakfast included" trop cuits. Y aura eu mon mal de coeur d'après nuit blanche et mon combat pour survivre au vol Moncton-Montréal. Y aura eu le show à Memramcook dans une des plus belles salles, toute en bois (même les sièges), avec l'obligation de faire la régie debout (si je voulais voir le show) et le début officiel de la tournée.
Y aura eu aussi la décision professionnelle la plus difficile à prendre de toute ma petite carrière. Choisir entre deux shows, deux amis, deux beaux contrats. Une décision impossible à prendre que je retardais autant que possible jusqu'à ce qu'on me donne 24hres de deadline pour répondre. Je suis en paix avec ce que j'ai choisi, heureuse. C'était la bonne chose à faire mais j'ai quand même le cœur brisé (toujours!) de délaisser un bout de tournée avec Boy. Jusque là, j'avais toujours pris mes décisions avec mon coeur, peu importe le fric, la durée, ce qui comptait c'était avec qui. Mais quand tu dois choisir entre deux grands amis, deux précieux collaborateurs, deux artistes que t'admires, choisir avec le cœur devient impossible.

Bon. Je retourne à ma valise à demi éventrée. Mais je vous laisse entre bonnes mains, une chanson que LaBolivie m'a offerte dans un de ses immenses éclats de rire.

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